| Janvier 2010 : "Blast" |
| Livre du mois de Janvier : Bd de Manu Larcenet
Je pèse lourd.
Des tonnes. Alliage écrasant de lard et d'espoirs défaits, je bute sur chaque pierre du chemin. Je tombe et me relève, et tombe encore. Je pèse lourd, ancré au sol, écrasé de pesanteur. Atlas aberrant, je traîne le monde derrière moi. Je pèse lourd. Pire qu'un cheval de trait. Pire qu'un char d'assaut. Je pèse lourd et pourtant, parfois, je vole.
Blast est un récit presque entièrement subjectif. Celui qui se dévoile, c’est Grasse Carcasse, connu à l’état civil sous le nom de Polza Mancini. Grasse Carcasse est gros. Très gros. Crâne chauve, nez long et rouge de celui qui boit, petits yeux plein de curiosité sur le monde. Il est en garde à vue, soupçonné d’avoir fait beaucoup de mal à une femme prénommée Carole. On ne saura pas quoi. Pas encore. Les deux flics qui le passent au gril doivent supporter ses digressions et surtout le deal que Grasse Carcasse passe avec eux : “Si vous voulez comprendre… Il faut que vous passiez par où je suis passé”. Tout le récit, par nature sujet à caution, suit les pas de Polza, clochard volontaire après qu’il ait encaissé la mort de son père.
Dans un magnifique noir et blanc tout en nuances et en textures, Manu Larcenet explore les marges, la nature sauvage, la folie et la perte des repères. Ce livre de 200 pages, premier d’une série qui devrait en compter cinq, est une bande dessinée humaine, sombre et inconfortable, qui fascine et remue à la fois. À 40 ans, Manu Larcenet affronte ses angoisses et ses obsessions. Il produit sans doute son plus bel ouvrage.
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| | Décembre 2009 : "Hiver Artique" |
| Roman policier Islandais écrit par Arnaldur Indridason.
Un soir glacial de janvier à Reykjavik, le corps d'un petit garçon est retrouvé au pied d'un immeuble de banlieue. Il avait 12 ans, rêvait de forêts, ses parents avaient divorcé et sa mère venait de Thaïlande. Erlendur et son équipe n'ont aucun indice, mais le frère aîné de la victime disparaît avec la complicité de sa mère. Erlendur va explorer tous les préjugés qu'éveille la présence croissante des immigrés dans une société fermée. Une autre enquête mobilise Erlendur, une femme trompée qui croyait au grand amour, a disparu, et une femme mystérieuse appelle le commissaire sur son portable pour pleurer, ce qui va permettre au commissaire de révéler ses dons de diplomate. Par ailleurs, son fils et sa fille s'obstinent à exiger des réponses qu'il n'a aucune envie de donner.
La résolution surprenante de ce crime ne sortira pas Erlendur de son pessimisme sur ses contemporains. Dans cet impressionnant dernier roman, Indridason surprend en nous plongeant dans un monde à la Simenon. Il a reçu pour ce livre et pour la troisième fois le prix Clé de Verre du roman noir scandinave.
Un roman noir, très noir comme à son habitude, mais tellement savoureux.
Un auteur à découvrir sans tarder |
| | Novembre 2009 : "Une histoire populaire de l'empire américain (BD)" |
| Bande dessinée
Tirée du livre de Howard Zinn et mis en image par Mike Konopacki et Paul Buhle
En tant qu’intellectuel, Howard Zinn part de ce postulat : le point de vue traditionnellement adopté par les ouvrages d’histoire est assez limité. Ainsi, il décide de rédiger un ouvrage sur l’Histoire des États-Unis afin d’en offrir une perspective différente : c’est la naissance d’Une histoire populaire des États-Unis.
Ce livre dépeint les luttes qui opposèrent les Indiens d’Amérique aux Européens, l’expansion des États-Unis, les révoltes des esclaves contre le système qui les oppressait, les oppositions entre syndicalistes – ou simples travailleurs – et capitalistes, les combats des femmes contre le patriarcat, le mouvement mené par les Noirs contre le racisme et pour les droits civiques, et d’autres parties de l’Histoire américaine qui n’apparaissent pas dans les livres. Cette adaptation en bande dessinée est remarquable par sa puissance synthétique, qui réussit à n’édulcorer en rien le propos de Zinn ; son découpage et son rythme parviennent à insuffler une vie à ce qui pourrait n’apparaître que comme une somme historique. |
| | Octobre 2009 : "La laïcité expliquée à M.Sarkozy" de Jean Baubérot |
| S’il y a un intellectuel français apte à juger en toute connaissance de cause et en toute objectivité les déclarations présidentielles sur la laïcité, c’est bien Jean Baubérot. Professeur émérite de la chaire d’ « Histoire et sociologie de la laïcité » à l’École pratique des Hautes Études (EPHE) dont il est président d’honneur, il s’est toujours distingué par son approche non dogmatique de la question.
Or, c’est cet observateur serein qui a décidé de s’engager ici contre le danger que représentent les thèses développées au Latran puis à Ryad par Sarkozy, et qui induisent toute une vision tronquée de la laïcité.
Considérations unilatérales sur l’histoire de France, confusions graves à propos de la morale et des valeurs communes, méconnaissance totale des équilibres subtils qui, bon an mal an, ont fait fonctionner la République et vivre ensemble les citoyens depuis plus d’un siècle : le diagnostic est sévère, aussi bien pour le président que pour ses conseillers. Chemin faisant, Jean Baubérot nous apprend mille faits significatifs sur une tradition républicaine dont nous ignorons le plus souvent toute la richesse.
Un livre facile à lire et passionnant....
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| | Septembre 2009 : « Le grand livre pour sauver la planète » de Brigitte Bègue et Anne-Marie Thomazeau |
| L'air, les océans et les glaciers, le monde animal et végétal sont notre trésor commun. Et, pourtant, nous avons laissé souiller, surexploiter, blesser cet espace, ce berceau naturel de la belle histoire des hommes.
Comment transformer, maintenant, nos peurs et nos immenses espoirs en petites victoires de chaque jour, en grandes décisions pour la planète ? Comment vivre autrement, dès aujourd'hui, de manière à garantir ce développement durable et solidaire de toute l'humanité ? En s'informant, en débattant et en osant prendre parti quand un jardin est en péril ou qu'un humain a soif, quelque part sur la Terre.
Un documentaire indispensable pour aider les jeunes à comprendre l’enjeu majeur de ce 21e siècle.
Enrichi de l’actualité récente, voici un ouvrage indispensable pour permettre aux 9-15 ans de comprendre l’enjeu majeur des décennies prochaines en matière d’environnement.
Il souligne l’urgence d’un développement pensé pour durer et d’un partage équitable des richesses.
A la manière de « Rue du Monde », ce livre lucide et plein d’espoir, fait le point sur la relation entre les humains et leur environnement naturel et invite à ne pas rester indifférent à ce défi lancé à l’humanité.
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| | Août 2009 : Les Contes Myalgiques tome 1 "Les terres qui rêvent" de Nathalie Dau |
| Prix "Imaginales 2008" et prix "Merlin" pour la nouvelle : "Le violon de la fée"
Inspirée du patrimoine folklorique mondial, Nathalie Dau livre un beau recueil de contes salué par les critiques et nous fait voyager en Inde, Bretagne, Sibérie, voire bien plus loin.
Tous différents qu’ils soient, ces onze récits témoignent d’une sensibilité exceptionnelle, et d’une qualité rare en littérature.
Ne vous attendez pas à des mièvreries, Nathalie Dau brouille les codes du conte de fées et livre des récits parfois sombres, où la souffrance et la magie sont omniprésents
Précieux recueil pour les grands, où la beauté du verbe rivalise avec les histoires merveilleuses qui peuplent l’univers de Nathalie Dau
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| | Juillet 2009 : "Le compte à rebours a-t-il commencé ?" d'Albert Jacquard |
| "Le pire n’est pas certain, mais le temps nous est compté"
Une première certitude :
Les Terriens ne pourront pas quitter leur planète et s’installer sur une autre.
Une seconde certitude :
Nous devons nous projeter dans le futur, car le futur c’est demain.
A partir de là, il faut dresser la liste des impasses où nous sommes engagés et montrer, si nous persévérons dans cette voie, quel type de catastrophe s’ensuit à chaque fois.
Longtemps, l'humanité a vécu en pensant qu'elle avait tout son temps, que le progrès n'en finirait pas de transformer le monde à notre avantage, que les hommes seraient toujours plus riches, plus beaux, plus performants, que l'on pouvait fabriquer indéfiniment des bombes nucléaires sans risquer de les employer et que nous avions le droit de prélever à l'envi toutes les richesses de la planète sans jamais entamer son capital.
Cette époque est révolue. Nous savons maintenant que le temps nous est compté et qu'à force de travailler contre nous-mêmes, nous risquons de fabriquer une Terre où aucun de nous ne voudra vivre.
Dans ce livre qui ressemble à un avis de tempête, Albert Jacquard passe en revue les questions à propos desquelles il est urgent de procéder à une refonte complète de nos habitudes.
Ce livre traite de :
l’escalade nucléaire ;
la démographie ou l’impérieuse nécessité de l’ouverture des frontières ;
la redéfinition de l’évolution ;
l’intégrisme de l’économie ;
l’écologie.
Le dernier chapitre est consacré à montrer que le XXIe siècle sera le siècle de l’éducation généralisée ou ne sera pas.
« Non, le pire n'est pas certain, mais nous devons nous hâter. » |
| | Juin 2009 : « Comment la vie a commencé : les trois genèses du vivant » d’Alexandre Meinesz |
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D'où vient la vie ? Comment est-elle apparue sur Terre ? Quels ont été les premiers organismes vivants ? A quoi ressemblaient les ancêtres de formes de vies actuelles ? Comment l'évolution a-t-elle sculpté le vivant au fil du temps ? L'auteur présente dans ce livre une synthèse des découvertes les plus récentes sur l'histoire de la vie.
Il distingue trois étapes innovantes majeures, ou genèses : celle des premières bactéries, celle des premières cellules animales et végétales et celle des organismes composés de plusieurs cellules (dont nous sommes). Et quatre types d'événements fortuits ayant profondément façonné l'histoire du vivant sur Terre : trois événements "créatifs" (les mutations, la reproduction sexuée et la sélection naturelle), un quatrième destructeur (les grands cataclysmes comme celui qui vit disparaître les dinosaures il y a 65 millions d'années).
L'auteur, spécialiste des milieux marins et des premiers organismes ayant colonisé la Terre (les algues), aborde les mystères de la vie avec un éclairage original sur l'évolution du vivant, différent de celui des microbiologistes, des généticiens ou des paléontologues. Il agrémente son récit de ses expériences d'homme de terrain curieux de tout et amoureux fou de la nature, et d'un tableau, « L'Astronome » de Vermeer, qui sert de trame à son récit.
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| | Mai 2009 : "Maudit Karma" de David Safier |
| Selon le vieil adage : tout se paye un jour !
Et si nous payions chaque mauvais acte, chaque faux pas, chaque tromperie, une fois notre heure venue ?
C'est ce à quoi Kim Lange, animatrice de talk-show allemande, sera confrontée après qu'un morceau de station orbitale vienne prématurément mettre fin à ses jours en s'écrasant sur sa tête ! Réincarnée, au plus bas de l'échelle, en fourmi, elle devra affronter un nouveau statut et surtout observer, impuissante, l'entrée d'une nouvelle femme dans la vie de son ex-époux et de sa fille.
Aidée par un ami précieux, elle se lancera dans une course au bon karma afin de pouvoir remonter les échelons de la réincarnation et récupérer sa famille.
C’est un roman drôle, plein de surprises et de rebondissements qui nous fait réfléchir aux conséquences de nos actes.
Un véritable antidote un brin déjanté à la morosité et à la déprime.
Une parabole et un conte philosophique à conseiller à tout le monde.
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| | Avril 2009 : "Un lieu incertain" de Fred Vargas |
| Adamsberg part pour trois jours de colloque à Londres. Estalère, le jeune brigadier, et Danglard - terrorisé à l'idée de passer sous la Manche - sont du voyage. Tout devait se passer de manière aérienne et décontractée, mais un événement macabre alerte leur collègue de New Scotland Yard, Radstock.
Clyde-Fox, un original local, lui parle du vieux cimetière de Highgate. Des chaussures - avec des pieds dedans - font face au cimetière, « un des cimetières romantiques les plus baroques de l'Occident », un lieu macabre, gothique, unique.
Tandis que l'enquête anglaise commence, les français rentrent au pays, et se retrouvent confronté à un horrible massacre dans un pavillon de banlieue.
De fil en aiguille, Adamsberg, avec l'aide de Danglard, remonte une piste de vampires, et de tueurs de vampires, jusqu'en Serbie.
Le commissaire est au centre du roman, dans tous les sens du terme. La Boule se trouve presque un rival, Danglard est à deux doigts de tomber amoureux, Retancourt est toujours aussi efficace, mais la brigade n'est plus aussi sure qu'avant.
Fred Vargas est un auteur à découvrir absolument. Elle nous livre dans son dixième roman comme à son habitude une intrigue alambiqué et haletante, une somme de personnage complexes et terriblement attachants.
Le commissaire Adamsberg nous entraîne nonchalamment dans un phénomène littéraire qu’il serait dommage d’ignorer.
« Un lieu incertain » est un conte policier qui vous scotche de la première à la dernière page, une fantaisie littéraire d'une singulière liberté. Un pied de nez à la mort, dont l’auteur a décidément le secret.
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| | Mars 2009 : "La porte des enfers" de Laurent Gaudé |
| Au lendemain d'une fusillade à Naples, Matteo voit s'effondrer toute raison d'être. Son petit garçon est mort. Sa femme, Giuliana, disparaît. Lui-même s'enfonce dans la solitude et, nuit après nuit, à bord de son taxi vide, parcourt sans raison les rues de la ville.
Mais, un soir, il laisse monter en voiture une cliente étrange qui, pour paiement de sa course, lui offre à boire dans un minuscule café. Matteo y fera la connaissance du patron, Garibaldo, de l'impénitent curé don Mazerotti, et surtout du professeur Provolone, personnage haut en couleur, aussi érudit que sulfureux, qui tient d'étranges discours sur la réalité des Enfers.
Et qui prétend qu'on peut y descendre. Ceux qui meurent emmènent dans l'Au-Delà un peu de notre vie, et nous désespérons de la recouvrer, tant pour eux-mêmes que pour apaiser notre douleur.
C'est dans la conscience de tous les deuils - les siens, les nôtres - que Laurent Gaudé oppose à la mort un des mythes les plus forts de l'histoire de l'humanité. Solaire et ténébreux, captivant et haletant, son nouveau roman nous emporte dans un "voyage" où le temps et le destin sont détournés par la volonté d'arracher un être au néant.
L’auteur embarque son lecteur dans un parcours initiatique à la rencontre de la mort.
Gaudé nous dévoile alors son imaginaire autour des Enfers et nous dresse des personnages émouvants, complexes.
Le deuil et la mort ne sont pas traités avec sensiblerie et la manière dont Gaudé traite cette problématique de la souffrance, de la perte peut entrer en résonance avec chaque lecteur.
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| | Février 2009 : « Là où les tigres sont chez eux » de Jean-Marie Blas de Roblès |
| Eléazard von Wogau, correspondant de presse pour une agence française, est installé depuis plusieurs années à Alcäntara, au fin fond du Nordeste brésilien.
Son travail l'occupant peu, il se plonge dans la biographie d'Athanase Kircher, jésuite allemand du XVIIe siècle au génie fantaisiste. L'histoire de ce prêtre baroque, trouvée dans un manuscrit mystérieusement arrivé par la poste, se mêle à celles des autres personnages: Elaine, l'ex-femme d'Eléazard, belle archéologue partie faire des fouilles dans la jungle amazonienne; Loredana, séduisante et insaisissable journaliste italienne; Nelson, gamin pauvre des favelas assoiffé de vengeance; ou encore Moéma, la fille d'Eléazard et Elaine, jeune idéaliste aux moeurs libérées...
C’est une formidable symphonie de voix, construite comme une cathédrale où la finesse de chaque détail contribue à la beauté de l'ensemble. On pourrait presque lire les différents récits indépendamment les uns des autres.
Entre roman d'aventure et conte philosophique, Jean-Marie Blas de Roblès nous emmène dans le Brésil de l'ombre, où les mythes ancestraux se heurtent à la politique et à la modernité. L'auteur, archéologue passionné et globe-trotter polyglotte, a travaillé dix ans sur ce livre. Notre bonheur le récompense.
Prix du roman Fnac
Prix Jean Giono
Prix Medicis |
| | Janvier 2009 : "L’éléphant s’évapore" de Haruki Murakami |
| Pour commencer cette nouvelle année flottons encore un peu dans l’imaginaire tendre, drôle et poétique de Haruki Murakami. "L’éléphant s’évapore" est un recueil de 17 nouvelles à découvrir absolument
Japon, aujourd'hui.
Par une journée d'été étouffante, un avocat au chômage est chargé par sa femme de retrouver leur chat qui a disparu. Il passe l'après-midi dans le jardin derrière la maison et fait la connaissance d'une voisine, une adolescente étrange.
Un couple, pris d'une fringale nocturne, décide d'attaquer une boulangerie, et de réaliser ainsi un fantasme de jeunesse du mari : commettre un hold-up.
Un frère et une soeur partagent le même appartement jusqu'au jour où la jeune fille annonce ses fiançailles. Problème : le garçon ne cesse de se moquer de son futur beau-frère qu'il prend pour un benêt.
Un homme raconte ses souvenirs de lycée, et comment il a été persécuté par un de ses camarades de classe.
Haruki Murakami est un traître. Un magicien. Un hurluberlu. Bref, un écrivain, un vrai, un de ceux qui commencent à vous raconter une histoire comme si de rien était, dans un langage fluide et sage. Vous l'écoutez, et avant que vous n'ayez eu le temps de comprendre, vous voilà transporté dans un autre monde, beaucoup plus flou, beaucoup plus étrange. C'est l'effet Murakami : on reconnaît ses lecteurs à la brume bleutée qui les environne.
Les nouvelles de Murakami parlent du quotidien, et l'éclairent d'une logique implacable mi-loufoque, mi-cruelle : celle du rêve, l'humour en plus
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| | | | | | | | | | Avril 2008 : « L’élégance du Hérisson » de Muriel Barbery. |
| L'immeuble où se déroule l'action de ce roman, rue de Grenelle à Paris, semble bien ordinaire Les occupants offrent une palette humaine représentative de l'espèce dans le moins bon comme dans le pire.
Deux d'entre eux, pourtant, n'ont rien de banal. Ce sont les deux narratrices qui prennent alternativement la parole pour donner de l'immeuble et du vaste monde qui l'entoure une vision inattendue. L’une est la concierge de l’immeuble, l'autre est Paloma, douze ans…
Prix des libraires 2008 |
| | Mars 2008 : « Lettres à Sartre, 1930-1939 » de Simone de Beauvoir |
| Simone de Beauvoir aurait 100 ans.
L’occasion de publications, d’articles, d’émissions.
L’occasion de lire ou de relire ce livre fondateur qu’est « Le deuxième sexe. ».
L’occasion de découvrir sa correspondance avec Sartre entre 1930 et 1939.
Quand, en 1983, Simone de Beauvoir publia les lettres de Sartre, ses amis s’étonnèrent : » mais les vôtres castor ? ».
A toutes les sollicitations, elle opposa la même réponse : « Mes lettres? Elles sont perdues. » Ce qu’elle crut jusqu’à la fin ;
En 1986, Sylvie Le Bon de Beauvoir tomba sur un gros paquet, au fond d’un placard. C’étaient les lettres, la plupart encore pliées dans les enveloppes, adressées à « Monsieur Sartre. Simone de Beauvoir avait toujours déclaré que, si on les retrouvait, elle ne les publierait pas de son vivant, mais qu’après sa mort, on pourrait le faire.
Simone de Beauvoir racontait qu’un de ses plus anciens fantasmes l’incitait à imaginer que son existence entière s’enregistrait quelque part sur un magnétophone géant. Ces 321 lettres participent, à leur manière, de ce rêve.
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| | Février 2008 : « De soie et de sang » de Qiu Xialong |
| Une femme en « qipao » rouge. Assassinée. Le vêtement est le symbole de l’élégance bourgeoise des années trente. Un symbole à renverser, pour les tenants de la pensée révolutionnaire. Est-ce la clé du meurtre, et de ceux qui vont suivre ?
L’inspecteur principal Chen, aux prises avec ce tueur en série, le premier de l’histoire de Shanghai, se raccroche à Confucius : « il y a des choses qu’un homme fait, et d’autres qu’il ne fait pas. » Mais dans une époque de transition aussi mouvante que celle de la Chine post-Mao, peut-on avec certitude différencier le bien du mal ? Car la Révolution culturelle, et son cortège de meurtrissures est passée par là.
L’auteur : Qiu Xialong est né à shanghai. Lors de la Révolution culturelle, son père est la cible des révolutionnaires et lui-même est interdit d’école. Il réussit néanmoins à soutenir une thèse sur T.S. Eliot et poursuit ses recherches aux Etats-Unis. Les événements de Tian’an men le décideront à y rester. Il choisit alors d’écrire en langue anglaise et publie successivement « Mort d’une histoire rouge », « Visa pour Shanghai », « Encres de Chine » et le « Très Corruptible mandarin ».
Ses romans sont aujourd’hui traduits dans une douzaine de pays.
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| | Janvier 2008 : « L’histoire de l’amour » de Nicole Krauss |
| Nicole Krauss. Cette Américaine surdouée fait irruption en France avec un roman qui séduit par sa puissance et sa poésie... Nicole Krauss a tout juste trente-deux ans. Et pourtant... A l'entendre parler de ses racines, de ses quatre grands-parents venus de Hongrie, de Pologne, de Russie et d'Allemagne, tous exilés avant que la toile d'araignée nazie ne se resserre sur les juifs d'Europe et n'engloutisse le reste de la famille... Grâce à cette voix, Nicole Krauss se sent libre d'écrire sur des sujets très personnels sans basculer dans l'autobiographie. Elle peut utiliser des histoires familiales tout en les noyant dans la plus pure imagination. Elle peut évoquer la tragédie des juifs d'Europe sans endosser l'uniforme de « l'écrivain juif » qu'elle refuse, tout comme son aîné Philip Roth...
Bruno Corty - Le Figaro du 24 août 2006
Voilà un roman essentiellement peuplé d'êtres humains. L'histoire commence en Pologne dans les années vingt, elle passe par l'Argentine des années 50, et s'installe à New York, après quelques détours en Israël et en Angleterre. Quelque part au milieu, le trou noir de la guerre et plusieurs millions de morts C'est un livre qui dégage une énergie et une émotion étonnantes, qui nous parle de la beauté et de la force de la vie, malgré tout. Ce roman parle de perte, mais le lecteur éprouve une sorte d'émerveillement devant les stratégies développées par chacun pour survivre à la perte. Les moments d'intense jubilation qu'on éprouve à lire le roman viennent aussi de la nature hétérogène du texte, des morceaux de consistance inattendue sur lesquels on tombe par surprise. De son roman, Nicole Krauss, l'auteur, dit que c'est un livre sur « le pouvoir de l'imagination comme outil de survie, ou comme consolation ». Si l'Histoire de l'amour donne l'impression de toucher si juste, c'est sans doute aussi qu'il a à voir avec le temps passé et le temps qui reste, avec ce qu'on a rêvé de faire et ce qu'on peut encore faire.
Natalie Levisalles - Libération du 14 septembre 2006
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| | Décembre 2007 : « Un enfant de l’amour » de Doris Lessing, prix Nobel de littérature 2007 |
| Au printemps 1939, James Reid est appelé sous les drapeaux. Il embarque bientôt pour l'Inde avec son régiment. Mais lors d'une escale au Cap, sa vie bascule : il trouve en Daphné, épouse de militaire qui l'héberge avec quatre autres soldats, l'ange dont il rêvait. Elle tombe sous son charme, ils ont une aventure. De cette brève union naît un enfant, dont James apprend l'existence alors qu'il est en poste en Inde. La joie le submerge. Le jeune homme refuse de voir la réalité, pourtant évidente : son fils remplace celui que l'époux de la jeune femme n'avait pas su lui donner, et Daphné a oublié le soldat de passage. Traduit de l'anglais.
Doris Lessing, un « Nobel » pour une éternelle contestataire.
A 88 ans, la romancière britannique a enfin reçu la consécration suprême. C’est la l1e femme récompensée en plus d’un siècle.
Figure du féminisme, militante contre les injustices, elle fut une des premières à dénoncer la colonisation.
C’est « Carnet d’or » publié en 1962, qui scelle Doris Lessing dans le monde littéraire. Pour le Comité Nobel, il appartient à la poignée de livres qui ont marqué la manière de voir les relations homme - femme au 20e siècle
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| | Novembre 2007 : « Tango » d’ Elsa Osorio |
| A Paris, au Latina on danse le tango. Luis invite Ana à danser. Elle est française et elle aime le tango avec passion. Il est argentin de passage à Paris pour une dernière tentative d'échapper à une crise économique et psychologique. Un projet de film sur le tango va les réunir.
Tango recrée l'histoire d'une ville et d'une musique à travers la saga de deux familles, aux deux bouts de l'échelle sociale, une intrigue sans faille, des personnages attachants et hauts en couleur pour une oeuvre littéraire forte où le fantastique revendique la force vitale de l'amour et de la danse. Un cocktail explosif d'amours, de luttes, de joies et de trahisons, et une danse dangereuse et sensuelle qui les réunit en une étreinte.
Avec l'élégance d'une bonne danseuse, Elsa Osorio change de temps, de narrateur, d'espace comme on change de cavalier, et son écriture communique au lecteur le vertige de la danse, l'ivresse de la musique mêlée à la sensualité et au mouvement.
Née en 1953 à Buenos–Aires où elle réside, Elsa Osorio est écrivain et scénariste. Elle a obtenu le Prix national de littérature pour son précédent roman, « Luz ou le temps sauvage ». Ses romans sont traduits en Allemagne et en Italie où ils connaissent un très grand succès.
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| | Octobre 2007 : « Le peintre des batailles » d’Arturo Perez-Reverte |
| Faulques, célèbre photographe de guerre qui a couvert presque tous les conflits pendant une trentaine d'années et a reçu de nombreux prix internationaux, vit retiré dans une ancienne tour de garde dans le sud de l'Espagne, au bord de la mer.
Sa seule activité consiste à peindre sur le mur circulaire intérieur de la tour une grande fresque représentant la guerre de l'antiquité à nos jours. Il cherche à représenter ce qu'aucun appareil photo n'a jamais pu capter, une sorte de vérité ultime sur la guerre et donc la nature humaine. Un jour un homme se présente à la tour. C'est un Croate que Faulques a photographié pendant la guerre en Yougoslavie. La photo a fait la une de tous les magazines et a valu au Croate Ivo Markovic d'être emprisonné pendant trois ans et torturé. Sa femme a été violée et tuée et son fils assassiné. Depuis sa libération, Markovic n'a cessé de traquer Faulques. L'ayant enfin trouvé, il lui déclare qu'il est venu pour le tuer. Le livre devient alors une sorte de huis clos. Pendant plusieurs jours, les deux hommes vont évoquer leur passé (pour Faulkes, il y a une femme, Olvido Ferrara, photographe comme lui et morte sous ses yeux en Bosnie), tenter de trouver un ordre au chaos du monde et peu à peu s'interroger sur la part de responsabilité qui incombe à chaque être humain. Avec ce roman inattendu, très dur et très pessimiste et résolument moderne, Pérez-Reverte a pris un véritable risque et c'est tout à son honneur. A partir du rôle des journalistes dans la guerre, il s'agit d'une réflexion formidablement bien romancée s'appuyant sur la théorie du chaos et le célèbre "effet papillon". Il n'y a ni cause à défendre, ni de témoignage qui vaille, et aucune place pour la compassion. Simplement, nous dit Pérez-Reverte, toute action humaine, si minime soit-elle, que l'on soit d'un côté de la caméra ou de l'autre, que l'on soit témoin ou victime, participe à l'ordre inexorable d'un monde qui n'est que chaos et destruction.
Cet auteur nous livre ici son roman le plus intense et le plus dérangeant, et sans doute la clé de toute son œuvre.
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| | Septembre 2007 : « Enfants d’ici, parents d’ailleurs » de Carole Saturno. |
| Histoire et mémoire de l’exode rural et de l’immigration. Voici un livre destiné à la jeunesse mais qui peut intéresser aussi beaucoup d’adultes.
Plus d’un français sur trois compte dans son arbre généalogique un ancêtre d’origine étrangère. Et la majorité des citadins ont des origines paysannes.
Juifs, Russes, Arméniens, Polonais, Italiens, Espagnols, Portugais, Algériens, Marocains, Tunisiens, Turcs, Yougoslaves, Maliens, Chinois… mais aussi Bretons, Auvergnats, Savoyards ; ils ont quitté leur pays pour fuir une guerre, une dictature, un génocide ou la misère dans l’espoir d’une vie meilleure. Dans les usines ou dans les mines, sur les champs de bataille, dans les campagnes et dans les villes, ils ont contribué à l’expansion économique, aux combats pour la démocratie, à l’enrichissement de notre culture.
Leur histoire est notre histoire.
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| | Août 2007 : « La place du sujet » (carnets du Panier) de Florence Pazzottu |
| Il fallait la parole d’un poète pour amener au jour l’originalité du Panier, cette enclave marseillaise.
Il fallait aimer ce quartier et les êtres qui y vivent. Ne pas s’attacher à ces traits qui le caractérisent parfois si outrancièrement. S’arracher aux anecdotes faciles. A la chronique.
Il fallait aimer sa vie, cet indicible qui donne son timbre à ce lieu. Ce quelque chose dans l’air. Là, à flotter. Comme une âme toute vibrante du désir de partir. De commencer vraiment ce qui s’appellerait vivre. Enfin.
Il fallait aussi l’heureuse collaboration avec le photographe Giney Ayme pour que loin de toute illustration redondante, le jeu entre les images et les textes ouvre un temps nouveau.
Entre eux, un quartier se lève fait de tous les désirs que la misère exacerbe, tensions tissées d’attente ; celle de tous les départs.
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| | Juillet 2007 : « L’écran provençal » : de Georges Guarracino |
| Histoire et géographie du cinéma en Provence - Côte d’Azur
Filmée dans tous ses états et dans l’éclat de ses couleurs, la Provence n’a cessé, depuis les frères Lumière, en 1885, d’être généreusement exposée sur les écrans.
Il est vrai que l’environnement naturel si richement contrasté et le caractère aux multiples facettes se prêtent volontiers à cette exploitation.
Cet ouvrage est une somme cinématographique, une évocation historique et un itinéraire géographique (plus de 750 films et près de 600 illustrations).
Une des originalités de ce livre est l’association du cinéma à d’autres œuvres tant picturales que littéraires.
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| | Juin 2007 : « L’âme de la France » de Max Gallo |
| Qui connaît encore l'histoire de la France ? On ne la raconte plus et on ne l'enseigne que par lambeaux. On l'accable bien souvent, sans entendre sa voix.
Max Gallo retisse cette trame millénaire qui a donné naissance à la nation française. Il suit les mouvements d'une immense fresque : des premiers hommes qui ont habité et peuplé de leurs songes les grottes du Périgord jusqu'à ce début de XXIe siècle. Il ne dissimule rien, ni la gloire ni le désastre, ni le rayonnement des Lumières ni les rapines et les saccages des armées conquérantes. Mais son récit va au-delà du portrait des grands acteurs et du déroulement des événements. Il montre comment, génération après génération, depuis la préhistoire jusqu'à nos jours, se sont constituées sur notre sol des manières d'être, de penser et de croire, d'éprouver, d'agir et de réagir, d'approuver et de se révolter, qui ont composé, touche après touche, l'âme de la France. Celle-ci est au coeur de ce livre. Max Gallo éclaire, par l'Histoire, nos comportements, nos faillites, nos redressements et, en racontant la genèse de l'âme de la France, il dévoile notre présent. On ne peut changer la France qu'en ne trahissant pas son âme. Selon Renan, « tous les siècles d'une nation sont les feuillets d'un même livre ». Ce livre, Max Gallo l'a écrit.
Cet ouvrage est disponible à la bibliothèque de la Cmcas |
| | Mai 2007 : « Graines de possibles » de Pierre Rabhi et Nicolas Hulot |
| Regards croisés sur l’écologie. À priori, on ne peut pas être plus différent : entre le Saharien frugal à la voix douce et le baroudeur médiatique, il semble qu'il n'y ait aucun point commun.
Or Pierre Rabhi et Nicolas Hulot partagent une passion : celle de la planète sur laquelle nous vivons. Venus à l'écologie par des chemins aussi différents que leurs itinéraires personnels, ils se sont rencontrés en 2001 et le courant est passé immédiatement entre eux. Au fil d'un dialogue passionné et passionnant, Pierre et Nicolas, parcourant des domaines aussi variés que la science, la politique, l'éducation ou la religion, se questionnent sur notre relation à la nature, le sens que nous donnons à la vie et notre responsabilité face au devenir de la planète. Si des désaccords se font jour entre Pierre Rabhi, écologiste utopique, prônant la décroissance soutenable et Nicolas Hulot, le « pragmatique », plutôt favorable à un développement durable, l'accord est parfait sur certains sujets. Au delà des spécificités de chacun, leur échange nous rappelle aux évidences et à l'essentiel, aux valeurs de la beauté et de la sobriété, de la compassion et de la solidarité pour réenchanter notre monde et honorer la vie. « Voici des regards croisés sur l'écologie, qui se lisent avec passion et poussent un très argumenté et intelligent cri d'alarme. »
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| | Avril 2007 : « C’est pourtant pas la guerre » de Maryline Desbiolles |
| L'Ariane, cité de l'agglomération niçoise autrefois synonyme de mieux-être pour la population émigrée et pauvre, fait aujourd'hui partie des quartiers dégradés, vétustes. Maryline Desbiolles s'y est rendue plusieurs fois pour rencontrer des habitants et se faire raconter des vies faites de souffrances, de difficultés, de traumatismes, mais aussi de dignité et d'un noyau irradiant de vitalité.
L'auteur retrace l'histoire et la topographie de ce quartier et réfléchit à la figure mythique d'Ariane, délivrée par Thésée puis abandonnée par celui-ci sur l'île de Naxos. Du même auteur : La Seiche ; Anchise (prix Femina 1999) ; Primo. À noter : la parution simultanée d'une courte pièce - Les Corbeaux - à l'origine une commande de France Culture. |
| | Mars 2007 : « J’ai mal à mes ancêtres » de Patrice Van Eersel et « Aie, mes aïeux ! » de Anne Ancelin Schützenberger |
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Comment expliquer le retour des ancêtres en psychothérapie ?
Sur le thème ; « où que vous soyez, vous transportez votre famille avec vous- bénissez-la… mais libérez-vous-en ! », la psychogénéalogie émerge dans de nombreuses pratiques.
C’est à une large présentation de celles-ci qu’est consacré « J’ai mal à mes ancêtres », sous la forme de sept entretiens avec des acteurs majeurs de ce mouvement.
Liens transgénérationnels, secrets de famille, syndrome d’anniversaire, transmission des traumatismes ….Nous sommes un maillon dans la chaîne des générations et nous avons parfois, curieusement, à « payer les dettes » du passé de nos aïeux. C’est une sorte de « loyauté invisible » qui nous pousse à répéter, que nous le voulions ou non, que nous le sachions ou pas.
C’est le sujet du livre passionnant, « Aie, mes aïeux ».
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| | Février 2007 : L’immeuble Yacoubian de Alaa El Aswany |
| Connaissez-vous Alaa El Aswany ? C'est un véritable phénomène, avec cent mille exemplaires de L'Immeuble Yacoubian vendus en quelques mois, un film en cours de tournage avec une grande mobilisation de moyens et d'acteurs célèbres.
Très vite, poussé par la rumeur, le livre s'est répandu dans le monde arabe, a été traduit en anglais, et le voici aujourd'hui en français.
L'auteur est un vrai Egyptien, enraciné dans la terre noire du Nil, de la même veine que Naguib Mahfouz. Il pose un regard tendre, affectueux, plein de pitié et de compréhension sur ses personnages qui se débattent tous, riches et pauvres, bons et méchants, dans le même piège. Il ne juge pas, mais préfère nous montrer les espoirs puis la révolte de Taha, le jeune islamiste qui rêvait de devenir policier ; l'amertume et le mal de vivre de Hatem, homosexuel dans une société qui lui permet de jouir mais lui interdit le respect de l'amour ; il nous fait partager la nostalgie d'un passé révolu du vieil aristocrate Zaki ; l'affairisme louche mêlé de bigoterie et de lubricité d'Azzam ; la dérive de la belle et pauvre Bous-saïna, tout cela à l'ombre inquiétante du Grand Homme, de ses polices et de ses sbires de haut vol comme l'apparatchik El-Fawli, et à celle non moins inquiétante d'un islam de combat, qui semble être la seule issue pour une jeunesse à qui l'on n'a laissé aucun autre espoir.
Alaa El Aswany ne cherche pas le scandale. Il nous dit simplement que le roi est nu. Il nous montre ce que chacun peut voir autour de lui mais que seule la littérature rend vraiment visible. Nous comprenons un peu mieux comment va l'Egypte, certes, mais aussi comment va le monde et - peut-être également - pourquoi explosent les bombes...
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| | Janvier 2007 : « Marthe Richard, de la petite à la grande vertu » d’ Elizabeth Coquart. |
| A quoi tient la renommée ? Les bordels ont fait celle de Marthe Richard puisque c'est à la loi qui les ferme en 1946 que son nom est attaché.
Voilà qui est d'ailleurs assez fort si l'on s'avise, avec Elizabeth Coquart, dans un livre alerte, que la loi n'est pas sa loi et que le nom qu'elle porte n'est pas le sien ! Marthe Richard, née Betenfeld, en 1889, dans une petite ville de Lorraine, et morte à Paris en 1982 en vieille dame fort digne, est un personnage insolite de notre petite histoire...
Marc Riglet - Lire, mai 2006 |
| | Décembre 2006 : Lanfeust de Troy |
| Scénario: Arleston. Dessin: Tarquin
Lanfeust de Troy est une série de bandes dessinées éditée par les éditions « Soleil », déjà best-seller (5 millions d’albums vendus).
Apparue en 1994, l’histoire de Lanfeust de Troy, un monde imaginaire dont chaque habitant possède un pouvoir magique, aura conquis en huit albums un public de plus en plus large, mêlant aventure, humour, parodies et … dessins coquins. C’est drôle et efficace pour les enfants et les parents |
| | Novembre 2006 : Henri Broch, « Gourous, sorciers et savants ». |
| Savez-vous découvrir des sources souterraines ? Faire bouger des portes en gonflant et dégonflant votre poitrine ? Prendre des charbons ardents entre vos mains ? Conduire la tête encagoulée ? Donner de violents coups de bâton sans faire mal à votre partenaire ? Etes-vous doué de « pouvoirs » ?
Ce livre vous montre comment y parvenir. Ce qui revient à déjouer les charlatans et marchands d’illusion qui cherchent à vous berner pour abuser de votre crédulité.
Ainsi fait-on grand bruit du Saint Suaire de Turin ou du sang miraculeux de Saint Janvier. Ce livre vous donne une recette parmi d’autres, pour accomplir vous aussi des miracles. Soyez miraculeux !
Contre l’autorité sectaire des gourous, il défend la pensée scientifique en vous amusant.
Henri Broch est professeur de physique et directeur du laboratoire de zététique à l’Université de Nice – Sophia - Antipolis. Il a publié, avec Georges Charpak : « devenez sorciers, devenez savants », qui a été un immense succès.
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| | Octobre 2006 :" Les Bienveillantes" de Jonathan Littell |
| C’est un premier roman et c’est époustouflant. Ce jeune américain engagé dans l’action humanitaire a fait ses études à Paris, a traduit Sade, Genet, Quignard et prend Balzac et Stendhal pour ses maîtres.
Ce livre, écrit en français, sur la confession et la mécanique du bourreau, marque son entrée magistrale dans l’univers romanesque.
En 900 pages, dans la peau du monstre, il détaille le quotidien d’un jeune officier des Waffen-SS de 1941 à 1945. Il raconte son histoire froidement, sans jamais se justifier. Un abominable quotidien.
« Je suis un homme comme les autres, je suis un homme comme vous. Allons, puisque je vous dis que je suis comme vous », dit le soldat allemand.
Impossible de sortir indemne de cette lecture.
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| | Septembre 2006 : « Itinéraire d’un salaud ordinaire » de Didier Daeninckx |
| L’histoire que raconte Didier Daeninckx est une froide plongée dans une quarantaine d’années politiques en France, vues par le regard d’un policier qui gravit, sans tourments existentiels, les échelons de la hiérarchie depuis 1942 jusqu’au début de l’année 1981.
Ce roman passionnant, nous rappelle quelques souvenirs et nous apprend des faits inconnus.
Didier Daeninckx : « Jusqu’à présent j’ai toujours voulu montrer, dans mes romans, le rôle joué par la responsabilité des « puissants », par exemple, dans Meurtres pour mémoire, celle de Maurice Papon, lors des massacres à Paris du 17 octobre 1961. Ce sont des gens de pouvoir mais ils ont besoin d’intermédiaires, de subordonnés qui leur obéissent. Ici, il s’agissait d’aller vers l’autre face des Papon, des Bousquet, en montrant les rouages qui justifient leur lâcheté quotidienne (ils ne voient pas, physiquement, ce à quoi conduisent leurs décisions). J’ai donc voulu transporter le regard du lecteur vers un « anti-héros », qui a trouvé un métier (inspecteur de police) après des études de droit faites un peu par hasard, et qui va devenir une simple matière à utiliser pour ses supérieurs. Il ne s’agit pas de présenter un autre Lacombe Lucien, le bourreau ordinaire, mais plutôt de revisiter celui qui est en rapport avec le réel et son application : ses décisions sont incarnées par le visage de ses victimes. J’ai renversé la perspective. C’est à la fois le côté effrayant et finalement pas totalement antipathique de Clément Duprest, ce policier pris dans les pesanteurs politiques et sociologiques du régime de « l’Etat français » pétainiste jusqu’à l’avènement de la République qui lui succède. Ce qui m’a donné envie d’écrire ce livre remonte déjà à six ans : j’avais découvert, dans un grand journal du soir, que mon nom faisait partie de la liste de 150 personnalités anti-fascistes qui avaient été mises sur écoute. Je me suis alors posé la question : qui me regarde, qui nous espionne ? Il fallait que je m’en rende compte ! »
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| | Août 2006 : « 1936 et les années du Front Populaire » de Serge Wolikov et « L’avenir nous appartient » de Danielle Tartakowski |
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«1936 et les années du Front Populaire » de Serge Wolikov, édité par l’Institut d’ Histoire Sociale de la C.G.T.
Ce livre très accessible et bien illustré permet à tous d’ approcher cette page d’histoire si importante. Cet album est utile pour toutes et tous, jeunes et moins jeunes.
« L’avenir nous appartient » de Danielle Tartakowski
Ce très beau livre d’histoire est une somme de documents photographiques, accompagnée de l’analyse d’une des meilleures historiennes du mouvement social
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| | Juillet 2006 : « Aragon, la liaison délibérée » de Valère Staraselski |
| Louis Aragon est l’un des plus grands écrivains français du 20ème siècle. L’un des plus mal connus aussi. Un auteur que nombre de critiques avouent ne pas comprendre. Il est vrai que son itinéraire, fait d’une trame où s’entrecroisent le créateur et le politique, relève de l’exception.
L’entrecroisement entre création et politique est si constant chez lui que le risque est réel de trancher pour ne retenir qu’un aspect.
C’est pourquoi l’écrivain et l’homme politique sont ici envisagés dans leur liaison délibérée.
Le premier, Staraselski, guide de haute montagne, nous accompagne dans une longue course à travers les Alpes aragonaises et toutes les failles de l’Histoire. Loin des sentiers battus, il cherche à sa manière : en accumulant faits et textes. Et il trouve. Il était temps !
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dernière modification le 6 janvier 2010 à 13:05
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