| | MIEUX CONNAITRE LES MALADIES DU RECTO-COLON ET SAVOIR LES PREVENIR | |
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Le recto-côlon est la partie terminale du tube digestif dessinant une sorte de cadre dans le ventre entre l’intestin grêle et l’anus. Outre sa fonction principale de « poubelle » de l’organisme, d’élimination des déchets de la digestion, on sait maintenant qu’il joue aussi un rôle dans l’équilibre immunitaire grâce en particulier aux milliards de bactéries qu’il héberge.
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| Les affections du recto-côlon constituent la majorité des consultations de gastro-entérologie. Les principales, par ordre décroissant de fréquence, sont : la colopathie fonctionnelle, la diverticulose, les tumeurs et les maladies inflammatoires. Leurs manifestations n’ont rien de spécifique puisqu’il s’agit de douleurs du ventre, de ballonnements, de diarrhées de constipation ou de saignements par l’anus.
La colopathie fonctionnelle
Connue sous le terme inapproprié de « colite » (car il n’y a jamais d’inflammation ), elle est très fréquente (50 % des motifs de consultation en gastro-entérologie) et constamment bénigne. Il ne s’agit pas à proprement parler d’une maladie mais d’un trouble ou d’anomalies de la sensibilité et du fonctionnement de la paroi colique qui est « irritable » (et non pas irritée).
Douleurs du ventre, troubles du transit intestinal et ballonnements en sont les principales manifestations.
Touchant tous les âges, surtout après la trentaine, aussi bien les hommes que les femmes, elle va évoluer dans le temps de façon capricieuse et fluctuante mais jamais s’aggraver ni se compliquer même si les manifestations peuvent parfois être suffisamment importantes pour inquiéter le patient.
On retrouve souvent un facteur déclenchant à l’origine d’une crise comme par exemple le stress, l’abus de certains aliments ( les crudités surtout, ou les fruits, certains légumes comme choux, haricots blancs, légumes secs) mais aussi certains médicaments (antibiotiques et anti-inflammatoire surtout), les épisodes de la vie génitale chez la femme, les infections intestinales bénignes…
De la connaissance de ces facteurs découlent pour chaque patient des principes d’hygiène de vie qui lui sont propres.
La diverticulose colique
Simple anomalie bénigne, elle est définie par l’existence au niveau du côlon, et particulièrement du côlon sigmoïde, d’un ou plusieurs (parfois très nombreux) diverticules ; un diverticule étant une petite hernie qui fait saillie à l’extérieur de la paroi du côlon.
C’est l’affection digestive la plus fréquente après 50 ans. Rares avant l’âge de 30 ans, les diverticules augmentent progressivement de fréquence avec l’âge (un sujet sur trois vers 60 ans et plus d’un sur deux après 70 ans a des diverticules). Hommes et femmes sont autant atteints mais ces dernières dix ans plus tard en la moyenne.
Le risque de diverticulose est d’autant plus grand que le sujet est un homme, obèse, sédentaire, de plus de 60 ans et aux habitudes alimentaires de type « occidental », avec un régime pauvre en fibres.
La diverticulose proprement dite ne donne aucun signe et reste parfaitement bénigne. Elle peut toutefois donner lieu à des complications : la diverticulite, c’est-à-dire l’inflammation et/ou l’infection d’un ou plusieurs diverticules, et plus rarement l’hémorragie. Elle ne prédispose pas au cancer du côlon.
En-dehors des complications, elle ne nécessite ni surveillance ni traitement sinon un régime enrichi en fibres, particulièrement s’il existe une constipation, et l’on préfèrera les fibres céréalières aux fibres végétales.
Les tumeurs du côlon
Elles peuvent être bénignes ou malignes. Les tumeurs bénignes sont les polypes, les malignes sont le cancer du côlon.
Polypes coliques
Ce sont de petites excroissances de chair se développant à l’intérieur de la paroi du rectum et du côlon. Ils sont presque constamment bénins quand on les découvre lors de la pratique d’une coloscopie mais environ 10% risquent de dégénérer en grossissant et il faut donc les réséquer pour éviter le développement d’an cancer dans les années qui suivent. Il n’existe aucun signe permettant de déterminer qui a des polypes ni, en présence de polypes, lesquels dégénèreront. Il faut donc les rechercher systématiquement chez les patients ayant des « facteurs de risque », ce qui représente en fait la totalité de la population française de plus de 40-45 ans, surtout s’il y a des antécédents dans la famille de cas de polypes ou de cancer du côlon.
Le test Hémoccult souvent utilisé maintenant n’a d’intérêt que pour sélectionner les candidats à la coloscopie dans le cadre d’un dépistage de masse dans une population. Sa positivité (et même sa négativité) n’a aucune signification sur la plan individuel.
La « coloscopie virtuelle », technique utilisant le scanner ou l’IRM développée récemment, n’a pas prouvé son intérêt dans le dépistage des polypes et la coloscopie reste donc l’examen de référence permettant la détection, la résection et l’analyse des polypes dans des conditions de sécurité maintenant bonnes.
Cancer colo-rectal
Cancer digestif le plus fréquent (plus de 30.000 nouveaux cas chaque année en France), maladie grave, deuxième cause de mortalité par cancer, à l’origine de plus de 15.000 décès annuels en France, il n’a pendant longtemps au début de son évolution aucune manifestation qui le révèle ou bien tardivement des manifestation digestives banales, ressemblant à celles de la colopathie fonctionnelle.
Il faut donc savoir le prévenir et le dépister :
le prévenir, nous l’avons vu plus haut, c’est entreprendre le dépistage et la résection des polypes dans la population « à risque » (homme ou femme de plus de 40-45 ans, surtout en cas d’antécédents familiaux)
le dépister, c’est pratiquer une coloscopie chez tout patient de plus de 40-45 ans (parfois moins) présentant des symptômes digestifs tels que la douleurs de ventre, constipation, diarrhée, ballonnements, ou saignements par l’anus, surtout s’ils sont apparus récemment ou se sont récemment modifiés, et particulièrement si le patient a des antécédents dans sa famille de cancer ou de polypes du côlon et n’a pas subi de coloscopie depuis plus de 5 ans.
Les maladies inflammatoires
Ce sont essentiellement la rectocolite hémorragique (R.C.H.) et la maladie de Crohn (M.C.), deux maladies voisines regroupées dans le cadre des maladies inflammatoires cryptogénétiques de l’intestin (M.I.C.I.) et ayant en commun l’atteinte inflammatoire des intestins, une évolution chronique par poussées et une origine inconnue.
Les M.I.C.I. sont relativement peu fréquentes (dix fois moins en France que le cancer du côlon). On sait les soigner mais pas encore les guérir.
Il existe dans les deux maladies une prédisposition génétique certaine.
Les différences entre ces deux maladies tiennent à :
la localisation des lésions : la M.C. peut toucher tout le tube digestif mais surtout liléon (partie terminale de l’intestin grêle) et le côlon. La R.C.H. atteint toujours le rectum puis le côlon de façon variable mais l’iléon.
au rôle du tabac : les patients atteints de M.C. sont améliorés par l’arrêt du tabagisme alors que les fumeurs ont un risque moindre de R.C.H.
Si certaines formes de M.I.C.I. peuvent être graves, l’espérance de vie moyenne des sujets atteints est globalement peu différente de celle de l’ensemble de la population.
On retiendra de tout cela que parmi les affections touchant le rectum et le côlon, c’est la plus constamment bénigne et sans danger, la colopathie fonctionnelle ou « colite », qui constitue le principal motif de consultation en gastro-entérologie, en raison de sa fréquence et du caractère inquiétant quelquefois de ses manifestation alors que la plus redoutable, le cancer du côlon, évolue longtemps silencieusement. Il est donc recommandé que tout sujet de plus de 40 ans s’informe auprès de son médecin de l’opportunité d’un dépistage.
Docteur JAILLET
Gastro-entérologue au Centre de Santé
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dernière modification le 1 juillet 2004 à 21:29
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